Tracy Oliver, scénariste de « Girls Trip » et « Little », et la diversité dans les représentations des communautés noires

La créatrice et scenariste de la série « Harlem : Tracy Oliver: Une femme noire dans la salle d’écriture. C’est celle qui a écrit la comédie bien connu « Girls trip » qui a mis en scene Tiffany Haddish, Regina Hall, Ryan Pierce, Queen Latifah et Jada Pinkett mais aussi Babershop, « little ».

« Il y a une diversité d’expériences au sein même des communautés noires. C’est tellement énorme que vous ne pouvez pas tout faire ». Tracy Olivier
filmographie de Tracy Olivier avec « Babershop », « Girls trip », « Little »

La série de sex and city a toujours été une référence en matière de relation amicale entre femmes. Mais il faut avouer que la vie Carrie Bradshaw et ses amies était un fantasme pour le spectateur plutôt qu’une représentation des femmes ordinaires. Elles sont blanches, belles, minces, fortunés et recherche l’amour. Malgré toutes les critiques de notre société aujourd’hui sur le manque de représentés des minorités dans la série, elle a été une véritable révélation pou faire tomber les tabous sur la sexualité féminine mais aussi et à permis d’ouvrir la voie à des séries qui se voulaient plus progressive comme « desesperate housewive », « Girls de Lena Dunham maintenant « Harlem ».

Poster des series « Harlem », « Sex and the city » et « Girls »
personnage de la serie Harlem , Camille (Meagan good), Quinn (Grace Byers), Angie (Shoniqua Shandai), Tye (Jerrie Johnson)

La série Harlem Harlem représente un groupe de 4 trentenaire qui comme les deux séries précédentes sont à la recherche de l’amour. En rajoutant une volonté de réaliser la carrière de leur rêve et de naviguer dans un monde qui peut être hostile envers femmes noires ambitieuse. On suit d’abord le personnage principale Camille jouée par Meagan Good qui est professeur à d’anthropologie à l’université de Columbia qui essaie d’obtenir une promotion et qui soutien que malgré qu’elle le mérite amplement le racisme systemique explique la raison pour laquelle elle ne l’obtient pas. Ensuite, il y a son amie Tye joué par Jerrie Johnson, une lesbienne qui réussi dans le plan financier grâce à une application de rencontre queer pour les personnes de couleur mais qui à du mal à developper des relations amoureuses substantiel. A l’opposé on retrouve Quinn joué par Grace Byers plus privilégiés que les autres par le fait qu’elle a une famille plutôt aisé, qu’elle est claire de peau et qu’elle est la plus privilégié des femmes noires autour d’elle. Cependant cela ne lui retire rien au difficulté qu’elle rencontre pour trouver l’homme ideal. Mais aussi sa difficulté à maintenir une relation avec sa mère qui finance son projet de mode respectueuse de l’environnement qu’elle peut devenir indépendante grâce à son business Quinn heberge son amie Angie jouée par (Shoniqua Shanda) cette dernière est caractérisé par sa grande confiance en elle, à sa vie sexuelle débridée et son refus de travailler pour vivre. En effet, après avoir connu le succès elle se retrouve sans rien et cherche à remonter la pente tout en s’interdisant d’accepter des emplois qui serait en dessous de ce qu’elle pense meriter.

Ce que j’aime dans cette série, c’est sa capacité à aborder des sujets complexes et spécifiques à la communauté afro-américaine, ainsi qu’à la population noire dans son ensemble. La série traite d’une multitude de thématiques importantes qui méritent une attention particulière. Malgré cela, je vais me concentrer sur un sujet en particulier : la place des « white women tears » ou « les larmes des femmes blanches » en français. Cette expression désigne la façon dont les femmes blanches utilisent souvent leurs larmes pour exprimer leur détresse et leur vulnérabilité face à des situations dans lesquelles elles sont remises en question ou confrontées à leur propre privilège. Ce phénomène est souvent utilisé pour discréditer les personnes noires qui osent exprimer leur propre expérience de discrimination. La série explore brillamment ce concept dans plusieurs épisodes, offrant ainsi une critique perspicace et pertinente de ce comportement souvent toxique.

La representation de la femme forte

personnage de la serie Harlem se prenant en photo, Camille (Meagan good), Angie (Shoniqua Shandai), Quinn (Grace Byers), Tye (Jerrie Johnson)

Marilyn Monroe a déclaré que les femmes avaient deux armes redoutables à leur disposition : le fard et les larmes, mais elles ne pouvaient pas les utiliser simultanément, heureusement pour les hommes. Elle avait totalement raison, mais elle aurait dû préciser que seules les femmes blanches pouvaient posséder ces armes. Dans la série, le personnage d’Angie est malheureusement celui qui est le plus fréquemment confronté au racisme ordinaire. Ce traitement pourrait s’expliquer par le fait qu’elle représente un cliché répandu de la femme noire : foncée de peau, en surpoids, hypersexualisée et toujours en colère. Dans l’épisode 7 de la saison 1, intitulé « Noire, donc forte », la série critique la représentation des femmes noires comme étant des femmes fortes, ce qui les empêche de montrer leur humanité et leur vulnérabilité. Cette représentation profite à la femme blanche, perçue comme fragile et ayant besoin d’être sauvée des femmes noires, souvent présentées comme agressives. Ce sujet mérite d’être traité davantage dans la série pour une représentation plus juste et réaliste des femmes noires. Bien que la série vise à dénoncer le colorisme, la représentation stéréotypée d’Angie soulève des interrogations quant à sa capacité à porter ce message.

Dès le début de l’épisode, alors que Tye est à l’hôpital, cherchant à garder l’image d’une femme forte, elle ne veut pas annoncer à ses amies Angie et Camille ses problèmes de santé. La raison en est que de son point de vue, Camille analyserait son mal de ventre comme un effet de l’esclavage et pour Quinn, Angie volerait l’hôpital pour obtenir une réparation pour l’esclavage. Dès le début, il y a une opposition entre Camille, claire de peau, mince, universitaire, qui est la personne réfléchie, et Angie. Dans cet épisode, on reprend aussi le thème de la difficulté pour les femmes noires d’être prises au sérieux par le milieu médical en raison du stéréotype de la femme forte capable d’endurer n’importe quelle douleur.

Pour revenir aux larmes des femmes blanches, dans cet épisode, alors qu’Angie fait une répétition pour une comédie musicale inspirée de Get Out par Jordan Peele, l’actrice blanche jouant le personnage de Rose dans la série qualifie une bande d’adhésif de « ghetto » car elle ne colle pas, et que toute la scénographie et la production est « ghetto ». Le terme utilisé par l’actrice n’est pas au goût d’Angie qui considère qu’elle l’utilise principalement parce que c’est un collectif de personnes noires. Alors elle demande des explications à la concernée concernant la signification du terme ghetto pour elle. Au lieu de simplement donner la signification, elle se met tout de suite sur la défensive en disant qu’Angie la traite de raciste. Ce qui signifie pourtant qu’elle est au courant de la connotation de son propos.

Dans cet épisode de la série, Angie demande à la personne concernée de lui expliquer ce que le terme « ghetto » signifie pour elle. Au lieu de simplement répondre à la question, cette dernière se met immédiatement sur la défensive en accusant Angie de la traiter de raciste. Cette réaction montre que la personne est consciente de la connotation raciste de son propos. Lorsqu’Angie lui fait remarquer que sa réponse déterminera si elle est raciste ou non, l’actrice éclate en sanglots. Cette scène illustre l’utilisation de larmes pour éviter le sujet et se positionner en victime, forçant Angie à s’excuser pour garder son travail. Cette situation est malheureusement fréquente pour de nombreuses femmes de couleur sur leur lieu de travail.

Je me reconnais moi-même dans le texte de Ruby Hamad publié dans le Guardian, qui explique que lorsque les femmes noires dénoncent un comportement raciste de la part d’une femme blanche, il n’est pas rare que cette dernière se mette à pleurer pour susciter de la pitié et se poser en victime. Par exemple, une femme a partagé sur les réseaux sociaux :

« Une femme blanche a continué à toucher mes cheveux. Elle tirait mes boucles pour les voir rebondir. Elle les frottait. Elle les sentait. Alors, quand je lui ai demandé d’arrêter et que j’ai porté plainte auprès des ressources humaines et de mon superviseur, elle a porté plainte en disant que je n’étais pas une personne sociable ou une bonne membre d’équipe et j’ai dû quitter ce poste pour avoir été « menaçante »

La série illustre parfaitement cette réalité en montrant la réponse que les femmes noires aimeraient donner à leurs collègues racistes. Par exemple, Angie, au lieu de s’excuser, réplique :

« Va te faire foutre Kate, avec tes micro-agressions, tes larmes de femmes blanches que tu utilises pour dissimuler ton racisme. Les femmes blanches comme toi sont responsables des mauvais traitements et des meurtres que subissent des personnes comme moi. » (Remarque : j’aimerais savoir pourquoi dans la traduction française, ces propos sont atténués en « le malheur des gens comme moi », alors que dans le texte anglais, l’auteur donne des exemples précis des conséquences, qui peuvent être la mort).

J’ai également apprécié le fait qu’Angie s’en prenne à l’homme noir qui semble être le directeur et qui prend la défense de la femme blanche coupable, ainsi que le reste de l’équipe qui pousse Angie à pardonner. Ce que j’aime le plus dans cette scène, c’est la voix d’Angie pleine de larmes lorsqu’elle exprime son désarroi. Cela montre bien qu’une femme noire a besoin de protection. Le bouquet final de cette scène, c’est qu’Angie, bien qu’elle rêve de dire ce qu’elle pense, accepte de s’excuser pour garder son travail, car malheureusement, c’est souvent la réalité.

Conclusion :

En somme, Tracy Oliver est une force créative majeure dans l’industrie du cinéma et de la télévision, en particulier en ce qui concerne la représentation des femmes noires. Grâce à son travail sur des films tels que « Girls Trip » et « Little », ainsi que sa série récente « Harlem », elle a permis de mettre en lumière des histoires et des expériences souvent négligées par les médias grand public. En créant des personnages forts, diversifiés et nuancés, Tracy Oliver a démontré que la représentation et la diversité peuvent être rentables tout en étant authentiques.

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