Desperate Housewives « Une serie progressiste et feministe » ? PARTIE 2/2

Serie

2. La performance de genre

« Le genre est une catégorie performative, c’est-à-dire qu’il est constitué d’actes qui imitent, recherchent la conformité à un original auquel le discours se réfère, mais qui n’existe pas. »

Bree et Gaby sont conscientes de la nécessite de la performance de genre. Tu peux voir facilement que leur vision de la femme est très différente voir opposée, en particulier dans le premier épisode.
Bree est décrite par Marie-Alice comme une femme qui « cuisine bien, confectionne elle-même ses vêtements et s’occupe seule du jardinage et réfectionne ses fauteuils sans l’aide de personne ». Cette description est appuyée par des images qui retire une certaine douceur de ces pratiques « féminine ». En effet, la couture est illustrée en zoomant sur l’aiguille. Le jardinage nécessite qu’elle porte des objets lourds et la réparation du fauteuil se fait avec un couteau.
Plus tard, le spectateur pourra voir clairement que la performance du genre nécessite un public qui validerait ou non leur jeu. 

Bree a l’abri des regard

face a son mari Cela montre que l’imitation du genre est plus qu’un simple jeu de rôle à destination des autres. Cette performance du genre est aussi utile pour soi-même. Pour Bree, « la » femme ne doit montrer aucune émotion en public mais un simple sourire de politesse. Bien que son mari lui réclame le contraire, elle est incapable de le faire. Elle veut garder la vision qu’elle se fait d’elle-même et de ce qui pour elle relève de la féminité.

Gabrielle contrairement à Bree produit une féminité corporelle. C’est son image « apprêtée, sexuellement attrayante et entretenue » qui lui confère le genre féminin. Elle est construite autour d’une hyperféminité.

La première scène dans laquelle apparaît Gabrielle

Cela « se présente comme un retour du refoulé, une résistance à renoncer à une source de jouissance, un effort désespéré pour exercer du pouvoir en usant et en abusant de la féminité, autrement dit en l’exagérant, en l’exacerbant, mais sans renoncer à l’égalité»

Son hyperféminité est perceptible dans ses choix vestimentaire. Par exemple, sa tenue rose assortie à ses baskets. Elle se construit sa propre féminité en faisant du sport, maîtrisant sa gestuelle notamment grâce au mannequinat.

Gaby descendant les escaliers

Gaby marchant sur un podium

 

 

 

 

 

Sa marche est la même au quotidien que lorsqu’elle est sur un podium, ce qui sous- entend que sa vie est une mise en scène. La succession de ces deux plans sert à montrer une continuité entre les deux actions. Cependant comme pour Bree les apparences sont trompeuses. En effet, tout en étant dans l’ombre de son mari comme un simple « trophée » elle doit jouer le rôle de l’épouse gâtée en vantant non pas son mari mais la fortune de celui-ci.
 Dans cette scène elle porte une robe et des talons montrant que le genre est interchangeable. Elle est capable de faire des activités dites masculines comme tondre la pelouse, elle décide simplement de ne pas le faire. Après s’être adonnée à cette activité, elle retourne directement à la soirée pour jouer le rôle de l’épouse.
Dans le dernier épisode de la saison,  cette interchangeabilité de genre est accentuée par son statut de femme active alors que son mari travaille à la maison. Cela change la dynamique du couple, en donnant une masculinité à Gabrielle puisqu’elle rapporte plus d’argent que son mari. Ce dernier se fait « acheter » par sa femme avec des cadeaux, comme il avait l’habitude de le faire avec elle.
Bree et Gaby bien que jouant un rôle très différent ; l’une la femme parfaite au foyer et l’autre la femme superficielle et égoïste. Nous montrant à montrent quelle point le genre est une construction. Elles tentent de jouer le rôle que la société leur donne tout en étant consciente de ce jeu.
Bien que les personnages de Desperate Housewives puissent donner à la série une dimension progressiste et féministe de la société. Il existe une double lecture, dans laquelle la série peut être interprétée comme conservatrice et sexiste.
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